Du 30 mars au 2 avril 2026, Paris Nord Villepinte a vibré au rythme de la 8e édition de Global Industrie. Avec 60 000 professionnels accueillis et une progression de 12 % par rapport à 2024, ce rendez-vous incontournable de l’industrie française et européenne a confirmé son statut de premier rassemblement sectoriel en France. Présidé par Nicolas Dufourcq, directeur général de Bpifrance, l’événement a cette année dépassé le cadre du salon traditionnel pour s’affirmer comme un véritable acte politique et stratégique en faveur de la réindustrialisation.
Un événement à dimension politique inédite
Rarement un salon industriel aura concentré autant d’engagement politique. Neuf ministres ont fait le déplacement à Villepinte, témoignant du rôle central que l’industrie occupe désormais dans les priorités gouvernementales françaises. Roland Lescure, ministre de l’Économie et de la Souveraineté industrielle, a affiché une ambition claire : accélérer dans les secteurs stratégiques que sont l’énergie, la défense, l’aéronautique et l’électronique. Sébastien Martin, ministre de l’Industrie, a quant à lui annoncé un nouvel axe de France 2030 régionalisé, destiné à mieux accompagner les PME et ETI dans leur montée en compétitivité.
La dimension européenne a également été renforcée avec la présence de Stéphane Séjourné, commissaire européen à l’Industrie, et de Gunther Krichbaum, ministre adjoint allemand chargé des Affaires européennes. Une configuration qui illustre la volonté de construire une souveraineté industrielle à l’échelle du continent, dans un contexte géopolitique et économique où les interdépendances sont de plus en plus scrutées.
2 300 exposants, 14 secteurs, un écosystème en mouvement
Sur le plan industriel, l’édition 2026 a déployé une offre d’une densité remarquable : 2 300 exposants répartis dans 14 secteurs, plus de 3 000 machines en fonctionnement, 240 conférences animées par 700 speakers. Avec 25 % d’exposants internationaux représentant 91 pays, Global Industrie confirme son rayonnement bien au-delà des frontières hexagonales.
Parmi les espaces les plus remarqués, le village des technologies numériques a rassemblé les acteurs de la data, du cloud, du jumeau numérique, de la 5G et de la cybersécurité, illustrant concrètement les interconnexions entre production industrielle et transformation digitale. L’espace Booster a permis aux industriels d’accéder à des expertises en financement, innovation et compétences numériques, tandis qu’un espace dédié à la Recherche et Innovation réunissait laboratoires publics et privés autour des enjeux de la supply chain et de la logistique de demain.
Attirer les talents : l’urgence derrière les chiffres
Avec 130 000 recrutements industriels prévus en France en 2026 selon l’enquête annuelle d’Usine Nouvelle, la question de l’attractivité des métiers est devenue structurelle. Global Industrie y a répondu avec un dispositif pédagogique ambitieux : 8 000 jeunes et demandeurs d’emploi ont été accueillis, des collégiens aux ingénieurs en formation, pour découvrir des technologies et échanger directement avec des professionnels. Le jeudi 2 avril, 150 jeunes encadrés par l’association « Elles bougent » ont suivi un parcours dédié, avec 100 élèves de primaire pour déconstruire les stéréotypes dès le plus jeune âge, et 50 collégiennes et lycéennes pour explorer la diversité des métiers industriels.
L’Arena a également accueilli les Champions WorldSkills en préparation de la compétition mondiale de Shanghai prévue du 23 au 26 septembre 2026, dans les disciplines de l’intégration robotique, de la fabrication additive et de l’électronique. Une vitrine des métiers d’excellence qui contribue à revaloriser l’image de l’industrie auprès des nouvelles générations.
Le Manifeste et le Cahier des tendances : des outils pour agir
Au-delà de l’exposition et des conférences, Global Industrie 2026 a produit deux livrables à portée durable. Le premier est le Manifeste « L’industrie donne le ton », signé 370 fois au fil des allées du salon, et qui appelle à un engagement collectif en faveur d’une industrie innovante, responsable et souveraine. Ce mouvement est destiné à se poursuivre au-delà de l’événement, avec une prochaine signature physique prévue au SEPEM Brest.
Le second livrable est le Cahier des tendances de l’Industrie 2026, publié à l’occasion du salon. Structuré autour de trois axes (faire mieux avec moins, exister sur les marchés de demain et repenser les modèles opérationnels) ce document s’appuie sur des retours d’expérience concrets issus du terrain, impliquant industriels, startups, territoires et institutions. Conçu comme un outil de réflexion stratégique, il vise à fournir des repères exploitables aux entreprises confrontées aux mutations actuelles.
Un cap pour l’industrie française
Global Industrie 2026 s’est distingué par sa capacité à faire converger, en un même lieu, des enjeux qui sont trop souvent traités en silos : compétitivité des PME, transformation numérique, souveraineté énergétique, attractivité des métiers, coopération européenne. Le message porté par Nicolas Dufourcq lors de la clôture résume bien l’état d’esprit de cette édition : garder l’agilité et la lucidité nécessaires pour surmonter les défis de la réindustrialisation. Un appel à l’action qui s’adresse à l’ensemble de la chaîne de valeur industrielle française, des grands groupes aux sous-traitants de premier rang, en passant par les startups deeptech et les organismes de formation.
Le prochain rendez-vous de Global Industrie est attendu avec une ambition encore plus affirmée. Pour les professionnels qui n’auraient pas pu y assister, les replays des interventions de la Grande Scène sont disponibles sur la chaîne YouTube de Global Industrie.


