Cybersécurité

Anybus Communicator : la connectivité industrielle passe à l’ère de la cyber-résilience

Anybus Communicator : la connectivité industrielle passe à l’ère de la cyber-résilience

Le Cyber Resilience Act (CRA) redéfinit les règles du jeu pour tout équipement connecté mis sur le marché européen. HMS Networks anticipe cette échéance en annonçant la conformité de sa gamme Anybus Communicator avec les exigences du règlement européen. Les premiers modèles conformes sont disponibles à la commercialisation depuis le printemps 2026, soit près d’un an et demi avant l’entrée en vigueur officielle du texte. Pour les constructeurs de machines et les intégrateurs systèmes, c’est une réponse concrète à une contrainte réglementaire qui ne laisse plus de place à l’improvisation.

Quand la connectivité industrielle devient une obligation réglementée

Pendant longtemps, une passerelle de protocole industriel était évaluée sur ses seules performances de communication : débits, compatibilité réseau, robustesse en environnement difficile. Le CRA chamboule cette logique. Désormais, la connectivité doit intégrer des garanties de sécurité tout au long du cycle de vie du produit : mises à jour sécurisées, documentation de conformité, gestion des vulnérabilités. Pour les fabricants de composants, cela implique une refonte profonde de l’architecture matérielle et logicielle de leurs équipements.

Anybus Communicator : la connectivité industrielle passe à l'ère de la cyber-résilience

HMS Networks a engagé cette refonte dans le cadre de processus certifiés conformes à la norme CEI 62443, référence internationale pour la cybersécurité des systèmes d’automatisation et de contrôle industriels. Le résultat : une gamme Anybus Communicator dotée d’un socle matériel et logiciel entièrement repensé pour satisfaire les critères du CRA sans compromis sur la robustesse opérationnelle.

Un socle matériel renforcé pour garantir la sécurité dans la durée

La conformité CRA ne se joue pas uniquement au niveau logiciel. HMS Networks a intégré deux composants matériels déterminants dans les nouvelles versions de ses passerelles. Le premier est une horloge temps réel associée à un supercondensateur, qui assure la fiabilité des horodatages, qu’il s’agisse des certificats, des journaux système ou des diagnostics, même après une coupure prolongée, comme celles qui surviennent lors des arrêts de week-end en production. Un détail technique en apparence, mais critique pour l’intégrité des preuves de conformité exigées par le règlement.

Le second composant est une puce de sécurité dédiée, qui prend en charge le stockage sécurisé des clés cryptographiques et des données sensibles. Elle offre un chiffrement robuste et une protection contre les tentatives de falsification du firmware ou de la configuration. L’association de l’horloge temps réel et de la puce de sécurité constitue le fondement sur lequel repose l’ensemble de la chaîne de confiance du dispositif.

Des fonctionnalités logicielles alignées sur les critères du CRA

Configuration sécurisée par HTTPS

L’accès à l’interface de configuration est désormais exclusivement assuré via HTTPS, ce qui élimine les risques d’interception de type « man in the middle » lors des phases de mise en service ou de maintenance. Les certificats sont gérés par l’utilisateur, ce qui permet une adaptation aux politiques de sécurité propres à chaque environnement industriel. Pour les intégrateurs qui déploient des dizaines de passerelles sur des réseaux hétérogènes, c’est une garantie de cohérence et de traçabilité.

Contrôle d’accès basé sur les rôles

Chaque appareil est livré avec un mot de passe administrateur unique, gravé au laser lors de la fabrication, ce qui écarte d’emblée le risque classique des identifiants génériques partagés. Trois niveaux de droits sont disponibles : administrateur (accès complet), utilisateur (configuration réseau esclave) et opérateur (lecture seule). Cette granularité répond directement aux exigences du CRA en matière de contrôle d’accès, tout en simplifiant la gestion des autorisations dans des environnements où interviennent plusieurs catégories d’opérateurs.

Gestion du cycle de vie du firmware

Les passerelles compatibles CRA intègrent un mécanisme qui bloque l’installation de versions de firmware antérieures à la mise à jour matérielle. Cette protection empêche le retour à des versions dépourvues des fonctionnalités de sécurité requises par le règlement. C’est une vulnérabilité bien connue dans les cycles de maintenance industrielle, où les « rollbacks » sont parfois réalisés sans mesurer les implications en matière de conformité.

Un enjeu commercial autant que réglementaire pour les constructeurs

Pour les constructeurs de machines, la conformité CRA n’est pas seulement une contrainte à absorber : c’est un argument de vente croissant auprès de clients finaux de plus en plus attentifs aux risques cyber. Intégrer des composants déjà certifiés CRA, comme les passerelles Anybus Communicator, permet de réduire significativement la charge de documentation et de validation nécessaire pour prouver la conformité de l’ensemble de la machine. HMS Networks prend en charge le développement, la maintenance des outils de sécurité et le suivi du cycle de vie des produits, ce qui allège considérablement le travail des OEM.

Les appareils déjà installés en production restent pris en charge, tandis que les nouveaux modèles sont livrés avec un matériel et un logiciel conformes. Cette approche non-disruptive est particulièrement appréciable dans les environnements où le remplacement massif de composants en cours de production engendrerait des coûts d’intégration et des risques d’arrêt injustifiables. HMS Networks donne ainsi aux acteurs industriels une trajectoire de conformité progressive et maîtrisée.

Vers une cybersécurité industrielle par défaut

L’annonce de HMS Networks illustre une tendance de fond : la cybersécurité industrielle cesse d’être un module optionnel que l’on greffe sur des architectures existantes pour devenir une propriété intrinsèque des équipements. Le CRA accélère cette transition en la rendant obligatoire, mais les acteurs qui anticipent se positionnent comme des partenaires de confiance pour les constructeurs qui abordent cette mutation réglementaire. HMS Networks en fait partie, avec les Anybus Communicator disponibles depuis le printemps 2026. Dans un secteur où la fiabilité et la prévisibilité sont des valeurs cardinales, c’est un signal fort adressé au marché européen.

Cybersécurité OT : quand la protection des systèmes industriels devient un levier de performance

Cybersécurité OT : quand la protection des systèmes industriels devient un levier de performance

Dans les ateliers de fabrication connectés, chaque capteur qui transmet ses données, chaque robot qui exécute sa séquence programmée et chaque écran qui affiche les indicateurs de production en temps réel constitue autant de portes d’entrée potentielles pour les cyberattaques. Cette réalité, longtemps reléguée au second plan des préoccupations industrielles, s’impose aujourd’hui comme une priorité stratégique absolue. La 10e édition du rapport annuel sur la fabrication intelligente de Rockwell Automation, qui synthétise les réponses de 1 560 décideurs répartis dans 17 pays manufacturiers majeurs, confirme cette transformation profonde : la cybersécurité des technologies opérationnelles ne relève plus de la simple conformité réglementaire, mais s’impose désormais comme un véritable accélérateur de rentabilité.

L’enquête révèle un basculement majeur dans la perception du risque cyber par les industriels. Alors que 96 % des fabricants ont déjà investi ou prévoient d’investir dans des plateformes de cybersécurité au cours des cinq prochaines années, plus de la moitié d’entre eux ont déjà franchi le cap du déploiement à grande échelle. Ce qui frappe particulièrement, c’est le changement de paradigme dans l’approche même de ces investissements : les dirigeants ne se demandent plus s’ils doivent allouer des ressources à la sécurité OT, mais cherchent désormais à quantifier précisément le retour sur investissement généré par ces mesures de protection. Les heures d’audit économisées, les temps d’arrêt évités et la fluidité accrue des flux de données sécurisés deviennent des indicateurs aussi scrutés que le taux de rendement synthétique ou les coûts de production.

L’adoption des plateformes de sécurité OT atteint sa maturité

Premier constat marquant de cette enquête d’envergure : l’ère des hésitations technologiques semble définitivement révolue. Avec 64 % des fabricants qui exploitent déjà une plateforme de sécurité OT et 32 % supplémentaires qui planifient son déploiement dans les cinq prochaines années, on assiste à une adoption quasi généralisée de ces solutions. Cette dynamique s’accompagne d’une évolution notable dans les attentes exprimées par les décideurs. Les questions adressées aux fournisseurs ne portent plus sur la pertinence de ces investissements, mais sur leur contribution mesurable à la performance globale de l’entreprise.

Les équipes qui réussissent le mieux cette transition sont celles qui ont su établir des bases de référence précises avant le déploiement de leurs plateformes. En capturant l’état initial de leurs vulnérabilités, du temps consacré aux audits de conformité et de la fréquence des incidents de sécurité, ces organisations peuvent démontrer de manière incontestable la valeur générée par leurs investissements dès les premiers examens trimestriels. La traduction des vulnérabilités corrigées en économies concrètes, qu’il s’agisse de pertes de production évitées ou de réduction drastique du temps de préparation aux contrôles de conformité, permet de présenter des arguments difficilement réfutables aux directions financières.

La sécurité OT, nouveau moteur de l’automatisation intelligente

L’enquête met en lumière une tendance particulièrement révélatrice : 53 % des fabricants citent désormais la sécurisation des actifs OT comme un facteur majeur orientant leurs investissements technologiques. Cette statistique illustre parfaitement le repositionnement stratégique de la cybersécurité dans l’écosystème industriel. Loin d’être perçue comme une contrainte budgétaire ou un frein à l’innovation, la protection des systèmes opérationnels devient le socle sur lequel se construisent les initiatives de transformation numérique les plus ambitieuses.

Cette évolution place les responsables de la sécurité dans une position inédite, aux avant-postes de la croissance de l’entreprise. En faisant des réseaux renforcés la base indispensable au déploiement de la maintenance prédictive, de la gestion énergétique en temps réel ou des contrôles qualité assistés par l’intelligence artificielle, ils démontrent que la réduction des risques s’accompagne mécaniquement d’une hausse des revenus. L’approche d’échéances réglementaires structurantes comme la directive européenne NIS2 ou les certifications CISA aux États-Unis ne fait qu’accentuer cette attention des comités de direction, transformant les calendriers de conformité en opportunités d’accélération des programmes de transformation.

Le cyberrisque s’invite dans les conseils d’administration

Troisième enseignement majeur du rapport : 30 % des personnes interrogées classent le cyberrisque parmi leurs cinq problématiques externes les plus importantes. Cette reconnaissance au plus haut niveau de l’entreprise modifie profondément la nature des discussions autour de la cybersécurité OT. Les dirigeants, appuyés par leurs assureurs qui souscrivent ces risques, exigent désormais des indicateurs précis et exploitables : pertes financières anticipées en cas d’incident, fréquence d’exécution des exercices de réponse aux crises et leur niveau de préparation effective, ainsi qu’une cartographie claire et hiérarchisée de la maturité des contrôles dans l’environnement opérationnel.

Cette exigence de transparence impose aux responsables de la sécurité de développer de nouvelles compétences en communication stratégique. La capacité à traduire les vulnérabilités techniques en termes commerciaux compréhensibles par tous, pertes de revenus, temps d’arrêt potentiels, impact sur la réputation de la marque, devient aussi critique que l’expertise technique elle-même. Les organisations les plus avancées modélisent désormais leurs cyber-scénarios en termes financiers, permettant aux administrateurs d’appréhender instantanément les ordres de grandeur en jeu. Elles réalisent également des exercices de simulation trimestriels, non seulement pour maintenir les réflexes de réponse aux incidents, mais aussi pour identifier les lacunes opérationnelles avant que les auditeurs externes ou, pire encore, les attaquants ne les découvrent.

Le matériel à sécurité intégrée redéfinit les standards

L’enquête révèle que 31 % des fabricants ont pour objectif prioritaire de réduire leurs risques OT grâce à des contrôles de sécurité intégrés directement dans le matériel. Cette tendance marque un tournant dans l’approche de la sécurisation des environnements industriels. Les règles d’accès au niveau des automates programmables, les firmwares signés numériquement et la télémétrie embarquée cessent d’être des options premium pour devenir des fonctionnalités standard, attendues dans tout nouvel équipement.

Cette évolution technologique s’accompagne toutefois de nouvelles exigences opérationnelles. Les défenses renforcées au niveau matériel nécessitent une gestion rigoureuse du cycle de vie des firmwares et une refonte complète des processus d’approvisionnement. Les fabricants les plus avisés intègrent désormais systématiquement des clauses couvrant le démarrage sécurisé et les firmwares signés dans chaque demande de devis, garantissant ainsi la pérennité de leurs investissements. Ils planifient également avec soin leurs fenêtres de mise à jour, en prévoyant non seulement le déploiement des correctifs nécessaires, mais aussi des plans de restauration complets et des phases de test rigoureuses pour éviter les pannes inopinées qui pourraient paralyser la production.

Les compétences en cybersécurité deviennent incontournables

Cinquième tendance majeure identifiée par l’étude : 81 % des fabricants accordent une priorité élevée ou de premier ordre à la maîtrise des pratiques et normes en matière de cybersécurité. Plus significatif encore, 47 % classent ces compétences comme absolument essentielles pour leurs recrutements au cours des douze prochains mois, tandis que 34 % supplémentaires les qualifient de très importantes. Ces chiffres traduisent une prise de conscience sans précédent : la technologie seule ne suffit pas, c’est l’humain qui reste le maillon décisif de la chaîne de sécurité.

Face à cette réalité, les fabricants innovent dans leurs approches de formation et de sensibilisation. Plutôt que de se limiter à des sessions annuelles de formation obligatoire, ils intègrent la micro-formation dans les transferts de poste, financent activement les certifications professionnelles reconnues et, innovation notable, lient désormais les performances de sécurité individuelles, comme la conformité dans le déploiement des correctifs, aux évaluations annuelles des collaborateurs. Cette approche permet de transformer progressivement le comportement sécurisé en réflexe aussi naturel que les procédures de verrouillage et de signalisation qui régissent depuis longtemps la sécurité physique dans les usines.

La culture d’entreprise, dernier rempart face aux menaces

Dernière observation, et non des moindres, l’enquête révèle que les obstacles les plus tenaces ne sont pas d’ordre technique mais culturel. Un quart des fabricants affirme que la résistance du personnel au changement constitue un frein majeur aux déploiements des technologies de fabrication intelligente, tandis qu’une proportion équivalente souligne que le manque de sensibilisation à la cybersécurité parmi les décideurs de haut niveau demeure un obstacle significatif au leadership sur ces sujets.

Cette réalité souligne une vérité souvent sous-estimée : l’état d’esprit, plus encore que les connaissances techniques, détermine le succès ou l’échec des programmes de cybersécurité. Les opérateurs sur le terrain peuvent percevoir les contrôles de sécurité additionnels comme des goulets d’étranglement ralentissant leur productivité, tandis que les managers intermédiaires privilégient naturellement les résultats à court terme au détriment de la résilience à long terme. L’intégration réussie de la cybersécurité dans la culture de sécurité globale de l’entreprise nécessite donc une approche holistique, combinant programmes de reconnaissance, exercices interfonctionnels et communication constante sur les succès obtenus.

Les organisations qui excellent dans ce domaine placent systématiquement les cyberrisques au même niveau que les risques de sécurité physique dans leurs communications internes et leurs tableaux de bord. Elles mettent en lumière les équipes qui atteignent des jalons significatifs, qu’il s’agisse de cycles de correctifs déployés dans des délais record ou de trimestres complets sans incident de sécurité, normalisant ainsi progressivement les bonnes pratiques. Elles organisent également des exercices conjoints IT-OT, permettant à tous les intervenants de comprendre les rôles et responsabilités de chacun dans un environnement contrôlé, bien avant d’être confrontés à la pression d’un incident réel.

2026, année charnière pour la cybersécurité industrielle

Ces six tendances convergentes dessinent les contours d’une transformation profonde et irréversible du paysage industriel. La cybersécurité OT a définitivement quitté le domaine des préoccupations périphériques pour devenir la trame fondamentale sur laquelle se construit la fabrication moderne. L’adoption généralisée des plateformes de sécurité, leur intégration dans les stratégies d’investissement liées à la transformation numérique, la surveillance active des risques cyber par les plus hauts niveaux de direction, le déploiement de matériel à sécurité intégrée, le développement systématique des compétences en cybersécurité et la maturation progressive d’une culture plaçant sûreté physique et sécurité numérique sur un pied d’égalité définiront les entreprises industrielles performantes de 2026.

Le message délivré par cette enquête d’envergure est sans ambiguïté : les organisations qui agissent dès maintenant pour renforcer leur posture de cybersécurité OT ne se contentent pas de réduire leurs risques d’exposition aux cyberattaques. Elles accélèrent simultanément leur capacité d’innovation, renforcent la confiance de leurs clients et de leurs partenaires, et se positionnent favorablement pour capter les opportunités de marché qui émergeront dans un environnement industriel de plus en plus digitalisé. À l’inverse, les entreprises qui tarderont à prendre ce virage stratégique risquent non seulement de compromettre leur résilience opérationnelle face à des menaces en constante évolution, mais aussi de voir leurs concurrents plus agiles s’emparer progressivement de leurs parts de marché. Dans ce contexte, la cybersécurité OT cesse d’être une option pour devenir le fondement même de la compétitivité industrielle du 21e siècle.

NIS 2 : La nouvelle directive européenne transforme les enjeux de cybersécurité industrielle

NIS 2 : La nouvelle directive européenne transforme les enjeux de cybersécurité industrielle

L’industrie française vit une mutation profonde de son paysage cybersécuritaire. Avec l’entrée en vigueur de la directive NIS 2 le 17 octobre 2024 et son adoption prévue en France courant 2025, près de 15 000 entités industrielles vont devoir repenser intégralement leur approche de la sécurité numérique. Cette transformation réglementaire, qui étend considérablement le champ d’application de la précédente directive NIS 1, survient dans un contexte particulièrement tendu où 47% des entreprises ont subi au moins une cyberattaque réussie en 2024.

Un élargissement massif du périmètre de protection

La directive NIS 2 marque une rupture quantitative et qualitative avec son prédécesseur. Là où NIS 1 ne concernait que 500 entités réparties sur 6 secteurs d’activité, la nouvelle réglementation étend son champ d’application à 18 secteurs industriels, touchant désormais 15 000 organisations françaises. Cette expansion reflète la prise de conscience européenne face à la démocratisation des cyberattaques, amplifiée par l’émergence de l’intelligence artificielle générative qui facilite notamment les campagnes de phishing sophistiquées.

Les entités concernées se répartissent en deux catégories distinctes : les organismes « Essentiels » et « Importants ». Cette classification binaire permet d’adapter les exigences de conformité selon la criticité des infrastructures, tout en maintenant un niveau de sécurité homogène à travers l’écosystème industriel européen. L’objectif stratégique demeure l’uniformisation des pratiques cybersécuritaires continentales, créant un socle de résilience face aux menaces numériques croissantes.

Les défis techniques et organisationnels de la mise en conformité

La conformité à NIS 2 dépasse largement les considérations techniques traditionnelles. Elle impose une approche holistique de la cybersécurité, nécessitant une transformation organisationnelle profonde. Les entreprises doivent désormais intégrer la sécurité numérique dans l’ensemble de leurs processus opérationnels, positionnant l’automatisation et l’apprentissage automatique au cœur de leur stratégie défensive. Cette évolution paradigmatique transforme la cybersécurité d’une fonction support en véritable avantage concurrentiel.

« La directive NIS 2 représente un tournant décisif pour la cybersécurité industrielle européenne, transformant une contrainte réglementaire en véritable levier d’innovation technologique. »

Yoann Moreau, Head of Cybersecurity Audit & Advisory chez Squad

Les obstacles à surmonter sont multiples et interconnectés. L’opacité de certaines obligations réglementaires, combinée aux contraintes budgétaires et aux résistances au changement, complexifie l’implémentation. Les grandes entreprises, bien que disposant de ressources supérieures, doivent composer avec des infrastructures legacy et des métiers parfois réfractaires aux mutations technologiques. À l’inverse, les structures plus modestes manquent souvent d’expertise interne pour appréhender la complexité technique et juridique de la directive.

L’automatisation au service de la conformité

La directive NIS 2 privilégie une approche préventive basée sur l’intelligence artificielle et l’automatisation des processus sécuritaires. Cette orientation technologique répond à l’évolution des menaces, de plus en plus sophistiquées et automatisées. Les systèmes de détection comportementale, l’analyse prédictive des vulnérabilités et la réponse automatisée aux incidents deviennent des composantes essentielles de l’architecture de sécurité moderne. Ces technologies permettent de traiter des volumes de données exponentiels tout en réduisant les temps de réaction face aux attaques.

Un écosystème d’expertise indispensable

La complexité multidisciplinaire de NIS 2 rend quasi-impossible une approche exclusivement interne. La directive exige une vision 360° de la sécurité, mobilisant des expertises juridiques, techniques, organisationnelles et sectorielles spécifiques. Les entreprises tentant de gérer cette transformation en autonomie s’exposent à des risques de conformité partielle, synonymes de pénalités financières substantielles. Le recours à des experts spécialisés devient donc stratégique, non seulement pour assurer la conformité réglementaire, mais aussi pour optimiser le retour sur investissement sécuritaire.

Cette nécessité d’accompagnement externe stimule l’émergence d’un écosystème de services cybersécuritaires innovants. Les consultants spécialisés développent des méthodologies d’audit adaptées aux spécificités sectorielles, des outils de pilotage de la conformité et des solutions d’intégration technologique sur mesure. Cette dynamique collaborative transforme la contrainte réglementaire en opportunité d’innovation, créant de nouveaux modèles économiques autour de la sécurité numérique industrielle.

NIS 2, catalyseur de l’innovation industrielle

Paradoxalement, la directive NIS 2 pourrait s’imposer comme un accélérateur inattendu de la transformation digitale industrielle. Les sanctions dissuasives, bien que redoutées, poussent les organisations à repenser fondamentalement leurs processus opérationnels. Cette dynamique génère des innovations organisationnelles et technologiques qui dépassent largement le cadre initial de la cybersécurité. L’intégration obligatoire de la sécurité dans tous les métiers favorise l’émergence de nouvelles pratiques collaboratives et de solutions technologiques hybrides.

Les statistiques révèlent l’urgence de cette transformation : 90% des entreprises de la région EMEA ont été confrontées à des incidents cybersécuritaires que la conformité NIS 2 aurait pu prévenir. Cette donnée souligne le potentiel préventif de la directive, qui transcende la simple obligation réglementaire pour devenir un véritable bouclier opérationnel. Dans ce contexte, les entreprises proactives qui anticipent leur mise en conformité bénéficient d’un avantage concurrentiel durable, transformant la contrainte initiale en différenciation stratégique.

L’horizon 2025 se dessine ainsi comme une période charnière pour l’industrie française. Au-delà de la simple conformité réglementaire, NIS 2 redéfinit les standards de sécurité numérique et impulse une nouvelle génération de solutions industrielles intégrées. Les entreprises qui sauront transformer cette obligation en opportunité d’innovation positionneront durablement leur compétitivité dans un écosystème européen unifié et sécurisé.

Par Yoann Moreau, Head of Cybersecurity Audit & Advisory chez Squad

Marseille future capitale de la cyber sécurité : Unitel Group rassemble un consortium d’industriels

Marseille future capitale de la cyber sécurité : Unitel Group rassemble un consortium d’industriels

Unitel Group a réuni un consortium d’acteurs industriels pour inaugurer le projet Campus Cyber à Marseille, un investissement majeur dans le domaine de l’innovation et de la réindustrialisation. Cette initiative ambitieuse a pour objectif de créer un campus de pointe entièrement dédié à la cybersécurité et aux technologies connexes, en réponse aux attaques de plus en plus fréquentes touchant l’ensemble des acteurs économiques français dans notre monde de plus en plus connecté.

La ville de Marseille, déjà renommée pour ses datacenters et sa septième place mondiale en tant que hub de télécommunications, accueille désormais son propre Campus Cyber. Stratégiquement situé au cœur d’Euroméditerranée, ce site deviendra un centre de recherche, d’innovation et de formation destiné aux professionnels de la cybersécurité ainsi qu’aux futurs talents du secteur. Il abritera des laboratoires de recherche, des centres de formation, des entreprises technologiques et des partenaires industriels, créant ainsi un écosystème dynamique propice à la collaboration et au développement de projets novateurs.

Le projet Campus Cyber se positionne comme une réponse aux défis posés par la transformation numérique. Il s’agit de protéger les infrastructures critiques, les données sensibles et les systèmes de communication contre des cyberattaques dont la gravité augmente de façon constante. Le niveau de menace reste « très élevé », ce qui renforce la nécessité de renforcer la sécurité numérique. De plus, ce projet contribuera à la réindustrialisation de la France en stimulant la croissance de l’industrie de la cybersécurité et en favorisant l’innovation dans d’autres secteurs clés.

Les attaques par déni de service ou par ransomwares peuvent paralyser des entreprises ou des collectivités pendant des semaines, avec des conséquences imprévisibles. Le Campus Cyber s’engage à jouer un rôle crucial dans la sensibilisation et la prévention des menaces, avec pour objectif d’apporter une contribution majeure à la croissance économique et à la souveraineté nationale. Le Président d’Unitel Group, Kevin Polizzi, souligne l’importance de la cybersécurité en tant que domaine stratégique pour le futur, capable de renforcer l’attractivité et la compétitivité du territoire.

Le projet Campus Cyber bénéficiera d’un financement initial de 3,6 millions d’euros provenant d’entreprises partenaires, ainsi que du soutien de partenaires technologiques de renom. Les équipes seront hébergées dans la tour Mirabeau, dont la finalisation des travaux est prévue à la fin de l’année. Cette localisation est idéale car le quartier est un pôle d’infrastructures numériques et de start-ups en plein essor. Le Campus Cyber offrira ses espaces collaboratifs 24h/24 aux entreprises de toutes tailles et aux collectivités locales.

La réalisation du Campus Cyber débutera dans les semaines à venir, avec une ouverture opérationnelle prévue pour janvier 2024. Ce projet audacieux témoigne de la volonté des entreprises de jouer un rôle de premier plan dans le développement et l’innovation, et de se positionner comme des acteurs clés de la cybersécurité à l’échelle mondiale.

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Passionné par l'évolution de l’industrie, j’ai fondé ce site en 2017. Sa vocation ? Vous présenter les dernières nouveautés dans le domaine de la transformation digitale au sein de l'Industrie 4.0.

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