LOGO! 9 : Siemens réinvente le contrôleur compact après 11 ans d’attente

Onze ans après la dernière refonte majeure de sa gamme LOGO!, Siemens franchit un cap décisif. Présenté au salon Light + Building, le LOGO! 9 marque ce que le constructeur appelle lui-même un « changement de génération complet », posant de nouveaux jalons dans le domaine de l’automatisation quotidienne. Disponible à partir du 1er avril 2026, ce nouveau contrôleur logique intelligent répond aux exigences croissantes de l’automatisation compacte, des tableaux de commande en génie du bâtiment jusqu’aux applications de construction mécanique et d’ingénierie d’appareils.

Le contexte dans lequel s’inscrit ce lancement est révélateur d’une transformation profonde du marché. Les projets dits « simples » intègrent désormais des logiques de plus en plus élaborées, des protocoles de communication sécurisés et des interfaces opérateur modernes. Face à cette évolution structurelle, une mise à jour incrémentale ne suffisait plus. Siemens a choisi la refonte totale.

Des performances doublées pour des applications bien plus ambitieuses

Le bond le plus spectaculaire du LOGO! 9 réside dans sa capacité de traitement. Le nombre de blocs fonction double pour atteindre 800, permettant des applications logiques nettement plus complexes. Dans de nombreux cas, cela élimine le recours à des dispositifs de contrôle supplémentaires, simplifiant l’architecture globale et réduisant les coûts sur l’ensemble du cycle de vie. Cette évolution répond directement à une réalité terrain : les automaticiens se heurtent régulièrement aux limites des modules compacts traditionnels dès que le projet gagne en complexité.

L’extension des entrées/sorties illustre la même ambition. Le LOGO! 9 supporte jusqu’à 64 entrées digitales, 60 sorties digitales et 16 entrées/sorties analogiques. Le nouveau module d’extension analogique AM4, avec sa résolution configurable, associé aux nouvelles fonctions de calcul et au support des nombres à virgule flottante, ouvre la porte à un traitement de mesure précis directement dans le contrôleur. Fini le recours systématique à des équipements externes pour les tâches de régulation fine : la puissance est désormais embarquée au coeur du module lui-même.

Un écran couleur tactile qui modernise l’interface opérateur

L’un des changements les plus visibles du LOGO! 9 est l’intégration d’un écran tactile couleur de résolution 320 x 240 pixels directement sur le module de base, avec une surface d’affichage élargie. Cette évolution offre une visualisation plus riche et une navigation bien plus intuitive, facilitant le diagnostic rapide et les réglages sur site. L’opérateur accède désormais à une interface moderne sans avoir à connecter un outil externe pour les interventions courantes, ce qui représente un gain réel en efficacité opérationnelle.

Pour les applications nécessitant une lisibilité maximale directement sur la machine, Siemens propose en complément le nouveau LOGO! text display de 4,3 pouces (480 x 272 px). Doté de deux ports Ethernet et d’une communication sécurisée vers le module de base, ce display répond aux exigences de visualisation les plus poussées. Les deux solutions d’affichage forment ainsi une gamme adaptée à la diversité des contextes d’installation, du tableau mural standard à la face avant d’armoire industrielle.

LOGO! Soft Comfort V9 : un engineering multiplateforme et rétrocompatible

La refonte de l’environnement de développement est tout aussi significative. LOGO! Soft Comfort V9 est désormais disponible en solution Plug & Play via clé USB, sans installation préalable sur le poste de travail. La compatibilité ascendante avec les projets et générations antérieures est garantie, ce qui sécurise les investissements existants et facilite les migrations progressives. Pour les équipes qui maintiennent un parc mixte de générations LOGO!, cette continuité représente un argument de poids.

Le LOGO! Web Editor intégré, incluant un module de simulation, devient un outil véritablement cross-platform. Il supporte désormais macOS et Linux en plus de Windows, levant une contrainte historique pour de nombreux environnements informatiques. La nouvelle gestion des utilisateurs UMAC articule 4 niveaux de rôles, de l’administrateur à l’opérateur, clarifiant les droits d’accès et accélérant sensiblement les processus d’ingénierie dans les environnements multi-intervenants. Une évolution bienvenue à l’heure où la collaboration et la traçabilité des accès deviennent des exigences normatives.

Sécurité et durabilité intégrées dès la conception

Le LOGO! 9 s’inscrit dans une démarche de conception responsable, anticipant les exigences réglementaires et environnementales à venir. Il est préparé pour le label Siemens EcoTech, gage d’une approche durable sur l’ensemble du cycle de vie du produit. Sur le plan de la cybersécurité, le Secure Boot et la communication LOGO! sécurisée protègent contre les manipulations non autorisées et les accès indésirables, des fonctions qui relevaient jusqu’ici du domaine des automates bien plus onéreux.

Les mises à jour firmware via LOGO! Soft Comfort et la réinitialisation usine avec conservation de la configuration IP garantissent une maintenance fiable et efficace tout au long de la vie de l’installation. Cette combinaison sécurité-durabilité positionne le LOGO! 9 comme une solution pérenne pour des projets modernes, alignée avec les standards des systèmes de contrôle de niveau supérieur, sans en subir la complexité ni le coût.

Un repositionnement stratégique pour l’automatisation du quotidien

Avec le LOGO! 9, Siemens ne se contente pas d’une mise à jour cosmétique : c’est une refonte complète qui repositionne le module logique compact sur le terrain des exigences contemporaines. En combinant puissance de traitement doublée, ergonomie modernisée, engineering multiplateforme et sécurité renforcée, le constructeur répond à l’évolution structurelle des projets d’automatisation compacte. Le message est clair : la frontière entre les petits modules logiques et les automates programmables industriels de gamme intermédiaire se réduit significativement.

Pour les automaticiens, intégrateurs et bureaux d’études qui travaillent quotidiennement sur des projets de taille moyenne, le LOGO! 9 représente une opportunité de simplifier leur architecture sans sacrifier ni la performance ni la fiabilité. Sa disponibilité annoncée pour le 1er avril 2026 laisse le temps aux équipes de se former, d’anticiper les migrations et d’intégrer ce nouveau standard dans leurs futures spécifications techniques. Une nouvelle page s’ouvre pour l’automatisation compacte.

Interpack 2026 : ABB et B&R dévoilent l’usine d’emballage de demain

En mai 2026, Düsseldorf accueillera Interpack, le salon mondial de référence pour les technologies d’emballage et de conditionnement. Parmi les exposants attendus, la division Machine Automation d’ABB, adossée aux technologies B&R, entend frapper fort avec un ensemble de démonstrations qui incarnent une vision radicalement nouvelle de la production flexible. L’enjeu dépasse largement le simple exercice de vitrine technologique : il s’agit de répondre à une transformation structurelle de l’industrie du conditionnement, prise en étau entre la montée en puissance du commerce omnicanal, le durcissement des réglementations environnementales et une pression inédite sur la main-d’œuvre.

Un marché sous pression : l’emballage face aux nouvelles réalités industrielles

Le secteur de l’emballage traverse une mutation profonde. La coexistence de deux modèles logistiques antagonistes oblige les fabricants à multiplier les changements de format à un rythme sans précédent : d’un côté la grande distribution palettisée, de l’autre le e-commerce avec ses commandes ultra-personnalisées en petites séries. À cela s’ajoute le cadre réglementaire européen, notamment le règlement sur les emballages et déchets d’emballages (PPWR), qui impose de repenser les matériaux et les processus dans une logique d’économie circulaire. Dans ce contexte, les solutions d’automatisation conventionnelles, rigides et mono-format, montrent clairement leurs limites. L’heure est à l’adaptabilité.

L’ACOPOS 6D : la lévitation magnétique au service de la production zéro-contrainte

Au cœur du dispositif présenté à Interpack, la technologie ACOPOS 6D constitue sans doute l’innovation la plus spectaculaire. Basée sur la plateforme planaire de B&R, elle repose sur un principe de lévitation magnétique permettant un transport de produits sans contact mécanique, avec une précision à l’échelle du micromètre. Des navettes flottant au-dessus d’une surface planaire se déplacent librement dans six degrés de liberté, ce qui justifie l’appellation 6D, ouvrant des possibilités de trajectoires impossibles à réaliser avec des convoyeurs traditionnels.

L’argument économique est tout aussi convaincant. En combinant cette technologie avec des convoyeurs classiques, les industriels peuvent réduire le coût par référence (SKU), augmenter le débit de références traitées par minute et atteindre plus rapidement leur seuil de rentabilité. Le zéro usure mécanique, la mise en service accélérée et les changements de format sans temps d’arrêt transforment l’équation économique pour les producteurs de biens de grande consommation (CPG). La solution est également adaptée aux environnements en salle blanche, un critère déterminant pour les applications cosmétiques et pharmaceutiques.

ACOPOStrak nouvelle génération : densité et polyvalence au rendez-vous

Référence confirmée dans les environnements de production CPG à forte variété de SKU, l’ACOPOStrak s’enrichit d’une mise à jour significative. L’introduction du module Compact Curve permet désormais des agencements haute densité dans un encombrement de seulement 330 mm, répondant directement aux contraintes spatiales des lignes de conditionnement modernes. Les nouvelles navettes et guides Metal-to-Metal (M2M) augmentent les capacités de charge utile tout en maintenant la dynamique maximale du système, une combinaison que peu de technologies concurrentes peuvent revendiquer.

Cette évolution positionne l’ACOPOStrak comme un outil polyvalent capable de gérer simultanément des profils de commandes radicalement différents sur une même ligne, sans reconfiguration lourde. Pour les industriels qui jonglent entre livraisons palettisées pour la grande distribution et colis individualisés pour le commerce en ligne, cette flexibilité n’est pas un luxe : c’est une nécessité opérationnelle.

Open Robotics : vers une intégration robotique sans frontières

Le troisième pilier de la démonstration ABB/B&R à Interpack porte sur la robotique ouverte. La station Open Robotics illustre une approche radicalement différente de l’intégration robotique traditionnelle. Plutôt que de multiplier les contrôleurs propriétaires et les protocoles de communication fragiles entre robots, machines et systèmes de vision, B&R propose une architecture unifiée où tous ces éléments sont fusionnés en une seule plateforme de contrôle.

Les mécaniques robotiques Codian, notamment les robots delta et SCARA, peuvent ainsi être synchronisées avec une précision inférieure à la microseconde avec les axes de mouvement, les systèmes de transport et la vision machine. Dans des applications de pick-and-place haute cadence, la moindre désynchronisation entraîne des erreurs de préhension et des chutes de rendement. L’ouverture de la plateforme permet par ailleurs d’intégrer des mécaniques d’autres fournisseurs, libérant les intégrateurs et les OEM d’une dépendance technologique contraignante.

La démonstration All Adaptive : quand la production du futur devient tangible

Pour rendre ces technologies accessibles au grand public industriel, ABB et B&R ont conçu un démonstrateur interactif baptisé « All Adaptive Demo ». Ce dispositif met en scène l’ensemble de l’écosystème technologique, à savoir l’ACOPOStrak, l’ACOPOS 6D, le robot delta Codian et les systèmes de vision à double caméra, dans une simulation réaliste de processus d’emballage. Les visiteurs du hall 6, stand E62, pourront observer en temps réel comment ces technologies collaborent pour trier, transporter, inspecter et conditionner des produits de manière entièrement reconfigurable. La vision machine intégrée assure la détection de position, le contrôle qualité et l’évaluation d’image à la volée, illustrant comment l’intelligence embarquée transforme chaque point du processus en source de données actionnable.

Vers une industrie de l’emballage intelligente et durable

Au-delà des performances techniques, la stratégie d’ABB et B&R pour Interpack 2026 répond à une vision d’ensemble : doter l’industrie de l’emballage d’une infrastructure d’automatisation capable d’évoluer avec les marchés, et non de se figer dans des configurations obsolètes en quelques années. La reconfiguration rapide pour des profils de commandes diversifiés, l’intégration de l’intelligence data-driven pour optimiser les cadences et la réduction de l’empreinte machine constituent des réponses concrètes aux pressions conjuguées du marché et de la réglementation PPWR.

Ce qui se joue à Interpack 2026 dépasse la présentation de nouveaux équipements. ABB et B&R dessinent une feuille de route pour une industrie du conditionnement qui doit simultanément répondre aux exigences de la personnalisation de masse, respecter des contraintes environnementales croissantes et maintenir des niveaux de productivité compétitifs. L’automatisation adaptative n’est plus une promesse futuriste : elle est déjà déployée dans des usines, et le salon de Düsseldorf sera l’occasion de mesurer jusqu’où cette révolution silencieuse a déjà progressé.

OSS Ventures lève 44 millions d’euros pour réindustrialiser l’Europe par le logiciel

Le contexte est alarmant : 82 fermetures d’usines sur les six premiers mois de 2025 en France, contre seulement 44 ouvertures. Le baromètre de la Direction générale des entreprises ne laisse guère de place à l’optimisme, et les annonces de plans de sauvegarde de l’emploi dans l’industrie continuent d’affluer. C’est précisément dans ce climat de désindustrialisation que le venture studio OSS Ventures a choisi de frapper fort : le 18 février 2026, il officialise un premier closing de 44 millions d’euros pour un fonds ciblant 75 millions d’euros, entièrement dédié aux logiciels industriels.

Fondé en 2019 par Renan Devillières, Michaël Valentin et Charles Bouygues, OSS Ventures n’est pas un fonds de capital-risque classique. C’est un venture studio : il ne sélectionne pas des startups existantes pour les financer, il les crée lui-même. En sept ans, le studio a exploré 30 initiatives et déployé 22 startups dans plus de 3 800 usines à travers le monde. Ce fonds représente le passage à la vitesse supérieure, avec pour ambition de porter ces jeunes pousses à une tout autre échelle.

Un tour de table à vocation industrielle

Le profil des investisseurs de ce premier closing n’est pas anodin. Decathlon Pulse, l’organe d’investissement du géant du sport, a mené le tour aux côtés de Teknor Apex, acteur mondial des granulés plastiques, et des Établissements Peugeot Frères. Ces souscripteurs ne cherchent pas une simple exposition financière à une tendance technologique : ils veulent des outils concrets pour moderniser leurs propres opérations industrielles. Une logique d’alignement qui traduit un changement de regard sur le logiciel industriel — désormais perçu comme un actif stratégique, et non plus comme un coût.

Les tickets du fonds s’échelonnent de 500 000 à 2 millions d’euros en première intervention, et peuvent atteindre 6 millions d’euros en deuxième round. OSS Ventures entend investir dans 20 à 30 startups issues de son propre portefeuille, en conservant une position minoritaire à hauteur de 25 % pour éviter la dilution. L’objectif final est atteindre les 75 millions d’euros d’ici un an.

Le modèle OSS : « Gratuit jusqu’à ce que ça fonctionne »

La recette d’OSS Ventures repose sur une conviction simple mais radicale dans son exécution : aller directement dans les usines, identifier ce qui peut être amélioré par la technologie, puis créer la solution ad hoc. « Notre business model est assez simple : nous visitons des usines et regardons ce qui peut être amélioré avec de la tech et l’IA », explique Renan Devillières. « C’est gratuit jusqu’à ce que cela fonctionne pour l’industriel. Si ça marche, nous appelons les entrepreneurs, qui vont garder 75 % du capital, et nous prenons les 25 % restants. »

Ce modèle de validation terrain est au cœur de la différenciation du studio. Plutôt que d’investir dans des entreprises qui cherchent leur marché, OSS Ventures part d’un besoin opérationnel avéré pour construire la solution. Chaque équipe bénéficie de six développeurs full-time issus du studio, ainsi que de briques techniques mutualisées : socle cybersécurité, éléments ERP, couche d’intégration. L’objectif est de réduire drastiquement le temps entre l’identification d’un besoin et la mise en production d’un outil fonctionnel.

Un portefeuille qui couvre toute la chaîne industrielle

Les startups issues du portfolio OSS Ventures illustrent la diversité des angles d’attaque possibles sur l’usine. Fabriq, l’une des réussites phares du studio, a levé 22 millions d’euros en juin 2025 : sa plateforme SaaS digitalise les processus de lean management, permettant aux équipes de terrain de suivre la performance et de résoudre des problèmes en temps réel. Bonx, de son côté, propose un ERP manufacturing agile, taillé pour les PME industrielles, et a levé 7,5 millions d’euros. Relief utilise l’intelligence artificielle pour accélérer l’élaboration de devis industriels — un goulot d’étranglement classique dans les ateliers à forte variabilité — et a bouclé un seed de 2,6 millions d’euros en juillet 2025.

D’autres solutions complètent ce tableau : Kraaft sur la maintenance prédictive, Mercateam sur la gestion des compétences et des équipes de production, Stargazr sur l’IA appliquée à la finance industrielle, ou encore Juno pour la digitalisation des processus d’atelier plus traditionnels. Au total, le studio revendique un ARR combiné de 32 millions d’euros fin 2024, avec 75 % des startups dépassant les 500 000 euros d’ARR dès leur première année.

Réconcilier la tech et l’industrie : un déséquilibre structurel à corriger

Pour Renan Devillières, ancien dirigeant industriel devenu entrepreneur, le problème de fond est clair : « L’industrie, c’est 25 % du PIB, c’est 0,7 % des startups. En gros, il n’y en a pas assez. » L’industrie manufacturière pèse encore environ 11 % du PIB français (INSEE, T1 2025), mais elle reste largement sous-représentée dans l’écosystème du capital-risque. Ce déséquilibre s’explique notamment par la difficulté pour les ingénieurs tech de comprendre les contraintes du monde de l’usine, et par la relative rareté des talents technologiques attirés par l’environnement industriel.

Trois freins opérationnels structurent la complexité du marché selon OSS Ventures : le risque « mission critique » — un incident logiciel en usine peut avoir des conséquences humaines directes —, la difficulté d’accès au terrain, et les exigences croissantes en matière de cybersécurité, dans un contexte où les sites industriels sont aujourd’hui des cibles privilégiées des cyberattaques. Ces obstacles expliquent pourquoi le logiciel industriel exige une approche radicalement différente du SaaS B2B classique.

Un fonds pensé pour le temps long, avec une ambition internationale

Le fonds d’OSS Ventures est structuré sur une durée de 10 à 12 ans, une temporalité assumée qui tranche avec les horizons habituels du capital-risque logiciel. Renan Devillières le formule avec une boutade : « Exit quand je serai mort. » Derrière l’humour, une réalité économique : les logiciels industriels génèrent des contrats récurrents et des coûts de migration élevés une fois la solution ancrée dans les opérations. La fidélité client est structurellement plus forte que dans le SaaS grand public.

Sur le plan géographique, OSS Ventures regarde résolument au-delà des frontières françaises. Le studio compte déjà quatre startups de son portefeuille implantées aux États-Unis et s’attend à ce que la moitié de ses jeunes pousses aient des bureaux outre-Atlantique dans les 18 prochains mois. La raison est pragmatique : « Aux États-Unis, dans les deux prochaines années, il va y avoir autant de construction d’usines que dans les dix dernières années. Ce n’est pas le cas en Europe », souligne Devillières. Le logiciel suit les sites de production, et les sites de production suivent les investissements. OSS Ventures aussi.

Un signal fort pour la réindustrialisation par le logiciel

Au-delà des chiffres du closing, l’annonce d’OSS Ventures envoie un message structurant au marché : la réindustrialisation passe aussi par des actifs immatériels. Un ERP plus agile, une IA de devis, une gestion intelligente des compétences ou une planification robuste peuvent générer des gains de productivité immédiats, sans attendre un investissement capacitaire lourd. Pour les directions industrielles confrontées à la pression concurrentielle, ce type de levier logiciel devient un outil de survie autant que de performance.

Reste un enjeu décisif : ancrer durablement ces solutions dans le tissu industriel français, alors que moins de 20 % des usines adressées par le studio se trouvent en France. La prochaine étape, au-delà du closing final à 75 millions d’euros, sera aussi une question de capacité à faire du logiciel un véritable outil de compétitivité locale. Dans un pays qui ferme plus d’usines qu’il n’en ouvre, c’est peut-être là que se joue l’essentiel.

OMRON S8AS2 : quand l’alimentation industrielle devient intelligente

Dans les armoires industrielles, la distribution d’énergie repose encore sur une accumulation de dispositifs séparés — alimentation, protecteurs de circuit, modules de surveillance, borniers — générant câblage complexe et encombrement croissant. La S8AS2 d’OMRON, lancée le 10 février 2026, consolide l’ensemble de ces fonctions en une seule unité compacte sur rail DIN.

Une architecture unifiée pour réduire la complexité de l’armoire

En regroupant alimentation DC, protection électronique et surveillance dans une seule unité, la S8AS2 réduit le nombre de composants, simplifie le câblage et diminue les points de défaillance. Pour les tableautiers et intégrateurs soumis à des contraintes de densité d’armoire croissantes, ce gain se traduit directement en productivité et en fiabilité.

Protection par canal indépendant : la continuité de service au cœur du design

Chaque canal de sortie dispose d’une protection indépendante : en cas de surcharge ou court-circuit, seul le canal concerné est coupé, laissant les autres opérationnels. Ce comportement sélectif préserve la continuité de service dans les systèmes multi-circuits. La certification UL Classe 2 des sorties — circuits « à énergie limitée » — facilite la conformité normative, atout décisif pour les équipements destinés à l’export.

Surveillance intégrée : de la maintenance réactive à la maintenance prédictive

La S8AS2 surveille en continu tension, courant, température et état de chaque canal, affichés sur un écran numérique intégré. Cette visibilité immédiate accélère le dépannage et la mise en service. En identifiant dérives de tension, élévations de température ou surconsommations avant toute défaillance, le système soutient une maintenance prédictive qui réduit les arrêts non planifiés.

Polyvalence sectorielle et robustesse validée en conditions difficiles

Validée dans les conditions exigeantes de la fabrication automobile — contraintes thermiques, vibratoires et électromagnétiques sévères —, la S8AS2 s’adresse aux ingénieurs, tableautiers, intégrateurs et équipes de maintenance de tous secteurs. Son lancement s’inscrit dans la logique Industrie 4.0 : transformer chaque composant d’armoire en source d’information active, avec à terme une intégration dans les plateformes GMAO, SCADA et IIoT pour une supervision centralisée de la santé énergétique des installations.

Partenariat Artec 3D – InnovMetric : une nouvelle ère pour la métrologie 3D

L’alliance annoncée le 20 janvier 2026 entre Artec 3D, leader de la numérisation 3D basé au Luxembourg, et InnovMetric, spécialiste québécois des solutions métrologiques, vise à créer un écosystème technologique intégré répondant aux exigences du contrôle qualité industriel moderne.

Une convergence technologique au service de l’inspection

Le rapprochement entre Artec 3D et InnovMetric illustre la consolidation d’expertises complémentaires de l’industrie 4.0. Cette synergie répond à une problématique concrète : la fragmentation des workflows d’inspection. L’intégration de PolyWorks|Inspector dans l’écosystème Artec Studio promet de fluidifier ce processus, en créant une chaîne de traitement continue depuis la capture jusqu’à l’analyse finale.

PolyWorks|Inspector : la métrologie de précision à portée de main

Au cœur de ce partenariat se trouve PolyWorks|Inspector, dont les algorithmes certifiés PTB garantissent le respect des standards métrologiques les plus stricts. Le logiciel excelle dans le cotation et tolérancement géométrique (GD&T), en respectant les normes ISO et ASME, assurant ainsi une conformité internationale.

De la mesure à l’action : l’analyse comparative CAO

PolyWorks|Inspector superpose le nuage de points issu du scan au modèle CAO d’origine, générant une cartographie colorée des écarts dimensionnels. Cette visualisation permet d’identifier instantanément les zones problématiques et de distinguer un défaut de conception d’une dérive du processus de production. La surveillance de l’usure des outillages et la vérification de conformité deviennent quasi instantanées.

L’automatisation au service de la productivité

PolyWorks|Inspector intègre un système de macros sophistiqué permettant de scripter des séquences d’inspection complètes. Une fois paramétré, un programme peut être rejoué à l’infini, garantissant cohérence et productivité. Cette approche se révèle particulièrement pertinente en production série, où le gain de temps se chiffre en dizaines d’heures par semaine.

Des rapports qui parlent le langage de l’industrie

PolyWorks|Inspector génère des rapports détaillés conformes aux exigences documentaires industrielles, synthétisant les résultats dans des formats standardisés avec tableaux de tolérances, cartographies d’écarts et statistiques de conformité.

Une complémentarité naturelle avec l’écosystème Artec

Artec Studio intègre déjà des fonctionnalités d’inspection robustes. L’arrivée de PolyWorks|Inspector ouvre de nouvelles perspectives pour les problématiques métrologiques complexes. Cette approche modulaire permet à chaque utilisateur de composer son environnement selon ses exigences, exploitant pleinement les scanners portables ultra-rapides d’Artec.

Une vision partagée de l’excellence opérationnelle

Art Yukhin, PDG d’Artec 3D, souligne l’ambition de positionner l’entreprise comme partenaire global dans la quête d’excellence qualité. Christian Vallières d’InnovMetric insiste sur l’accessibilité de la métrologie 3D avancée. L’intégration transparente vise à réduire la courbe d’apprentissage et accélérer le retour sur investissement.

Perspectives et enjeux pour l’industrie

Ce partenariat répond à la transformation numérique des processus qualité. La combinaison d’une acquisition 3D rapide et d’une analyse métrologique poussée permet des contrôles exhaustifs sans sacrifier la productivité. L’annonce d’une « première phase » laisse entrevoir des développements futurs : automatisation accrue, intelligence artificielle prédictive, ou connectivité avec les systèmes d’information industriels.

Pour les utilisateurs actuels d’Artec 3D, ce partenariat représente une évolution sans rupture technologique. Pour les industriels hésitants, l’offre combinée pourrait constituer le déclic attendu. Dans un contexte de compétition mondiale où la qualité devient un différenciateur majeur, cette alliance illustre comment l’innovation industrielle se construit désormais à travers des collaborations qui conjuguent les expertises pour créer des solutions plus performantes et accessibles.

Présentation

Passionné par l'évolution de l’industrie, j’ai fondé ce site en 2017. Sa vocation ? Vous présenter les dernières nouveautés dans le domaine de la transformation digitale au sein de l'Industrie 4.0.

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